Cette maladie virale tue encore des dizaines de milliers de personnes chaque année, surtout en Afrique et en Asie. Les enfants sont très exposés. Dans près de 99 % des cas humains, la transmission vient d’un chien. Une fois les symptômes déclarés, l’issue est presque toujours fatale. Pourtant, la rage peut être empêchée si l’on agit vite après l’exposition et si les chiens sont vaccinés.
Faits
Le virus de la rage se trouve dans la salive d’un animal infecté. Il se transmet par morsure, griffure, ou léchage d’une plaie ou d’une muqueuse. Il n’entre pas par une peau saine. Après l’exposition, il peut se passer des jours ou des mois sans signe. Puis apparaissent fièvre, douleur au point de morsure, anxiété, agitation. Plus tard surviennent des troubles neurologiques, des difficultés à avaler, parfois une peur de l’eau, puis la paralysie et le coma. À ce stade, il n’existe pas de traitement curatif.
Le Dr Valentin Nebanga rappelle : « La rage tue parce que les gens arrivent à l’hôpital trop tard. » Le vétérinaire Dr Ben David Issoula Songuet souligne le rôle central de la vaccination des chiens, souvent absente dans les familles.
Explications
La prévention immédiate après une morsure est essentielle. Il faut laver la plaie tout de suite, à grande eau et au savon, pendant au moins 15 minutes. Ce geste élimine une grande partie du virus. Ensuite, il faut consulter sans tarder pour recevoir une prophylaxie post-exposition (PPE) : vaccination antirabique, et selon la gravité, immunoglobulines. La PPE empêche le virus d’atteindre le système nerveux. Elle sauve des vies lorsqu’elle est commencée à temps.
La vaccination des chiens, y compris les chiots, coupe la transmission à la source. C’est l’action la plus rentable et la plus efficace pour protéger les communautés. L’abattage des chiens errants ne contrôle pas la rage.
Des vaccins humains sûrs et efficaces existent. L’OMS recommande des schémas intradermiques qui utilisent moins de doses, coûtent moins cher et restent efficaces. Mais dans de nombreuses zones, l’accès aux produits et aux centres antirabiques est difficile. Le coût du trajet, la perte de revenu et le manque d’information retardent les soins.
Enjeux et solutions
Empêcher les décès nécessite une approche « Une seule santé » : santé humaine, santé animale et environnement travaillent ensemble.
Pour les familles : garder ses distances avec les animaux inconnus, surveiller les enfants, laver immédiatement toute morsure ou griffure, se rendre au centre de santé sans tarder, conserver le carnet de vaccination des chiens. « Protéger les chiens, c’est protéger les familles », rappelle le Dr Issoula.
Pour les autorités et partenaires : organiser des campagnes gratuites et régulières de vaccination canine ; assurer la disponibilité de la PPE et des immunoglobulines ; former soignants et vétérinaires ; améliorer la surveillance et l’information du public ; prévenir les morsures par l’éducation communautaire dans les écoles, marchés et églises.
Avec ces actions coordonnées, la rage n’est pas une fatalité. Un lavage immédiat, une vaccination à temps et des chiens protégés transforment une morsure en incident maîtrisé, et non en drame.


